Lorsqu’au cours du voyage, j’ai rencontré ces danseurs et percussionnistes, toujours exigeants et critiques à l’égard d’eux-mêmes, apprécié leur sens du partage de leurs arts, j’en venais à regretter que Cuba ne soit chez nous autant à l’honneur que d’autres pays.
Poursuite de la série sur Cayo Granma avec ces deux portraits de pêcheurs
De retour au bac, j’ai la chance de voir cet homme, nos regards se croisent.
Il est immobile à sa fenêtre donnant sur la rue. Tout se conjugue à ce moment.
Un physique exceptionnel, il est bien dessiné, sec, tout est saillant, muscles, côtes, clavicules, et une lumière exceptionnelle est dirigée sur lui. Mais je suis trop loin. Je sais que je n’arriverai pas à le rejoindre pour faire « La Photo ».
Je tente mon éternel « puedo? », et voilà que j’ai un acquiescement de la tête. Il ne bouge plus d’un poil pendant toute la série de photos que je prendrai de lui.
Je partirai en ayant le sentiment d’avoir réussi l’Image du voyage de cette année.
Il nous fait rentrer chez lui. Un intérieur pauvre et sombre, sa famille nous rejoint. On devine que la vie n’est pas très joyeuse tous les jours pour ces gens là.
Il possède une maison en bois sur pilotis en béton.
Croit-il que nous sommes à la recherche d’un repas de langoustes?
Il s’excuse à l’avance, nous explique que l’île vient d’essuyer une tempête, qu’il a bien des langoustes, mais pas de bois pour les cuire.
Une autre idée de la pauvreté à Cuba…
Je retiendrai de cette île la gentillesse et la disponibilité de ses habitants.
Tous ne sont pas présentés ici. Au final nous conserverons beaucoup de témoignages de cette vie difficile qui se lit sur les physiques, sur les visages et les voix.
En 2006 je revenais à Cayo Granma pour retrouver les habitants et donner les photos à tous les gens qui avaient eu la gentillesse de poser pour moi et malheureusement cet homme venait de disparaitre la semaine précédente,victime d’un cancer.
Pour finir le sujet sur Cayo Granma, ces dernières photos prises pendant qu’Anny parlait avec cette dame à sa fenêtre dont les enfants tenaient absolument à poser pour moi en mendiant un dollar.
Un des symboles de la Havane. Plus facile à voir sur une bouteille de Havana Club, la célèbre marque de rhum cubain, qu’en haut de cette tour du Castillo de la Real Fuerza.
Ce n’est qu’une copie exposée aux intempéries, l’originale se trouve au Palacio de los Capitanes Generales
Poursuite de la série sur Caya Granma avec deux portraits de pêcheurs.
En nous promenant dans Granma, nous arrivons quand même à trouver des gens.
Leurs maisons que nous photographions nous servent de prétexte pour les aborder.
Ce vieux pécheur qui ressemblait à notre ancien président Giscard avait une attitude seigneuriale, roi sur son île.
Je lui demande l’autorisation de le prendre en photo.
Un » Puedo? » accompagné d’une mimique de sourd-muet suffira.
Mon espagnol est encore déficient, bien que je comprenne bien cette langue lorsqu’elle est parlée par les Cubains ou les Mexicains.
Depuis, une série de cours intensifs avec une prof de l’université de Mérida Yucatan m’a donné un peu plus d’aisance et de confiance avec ces peuples d’Amérique Centrale.
Il nous fera rentrer chez lui, dans un intérieur simple, exigu, très lumineux.. Beaucoup d’images du passé, la femme disparue, le fils éloigné.
Nous ne restons pas longtemps avec lui. Le temps file et le retour à Santiago s’annonce.
Nous regrettons déjà le peu de temps à consacrer à cette île et à ces gens que nous croisons, qui nous parlent longuement, qui nous invitent chez eux et acceptent de poser pour ces portraits que nous ne pourrons même pas partager avec eux.
Je ne sais pas encore qu’en 2006 la poursuite de l’exploration de Cuba me ramenera encore à Cayo Granma
Je n’avais pas voulu faire la photo de cet homme. Nous l’observions, il y avait un grand malaise. Il représentait ce que nous disaient souvent les Cubains:
» La vie est dure« .
Dans ce regard qui nous fixait, je lisais la détresse, une interrogation peut être sur l’indifférence des touristes. Je ne suis pas arrivé à diriger l’appareil sur lui. Je me suis détourné, gêné, pendant qu’Anny prenait cette photo.
L’image du Che la plus connue.
Dans l’histoire de la photographie c’est certainement la photo la plus connue, la plus postérisée.
Elle a été prise après le 4 mars 1960 date d’un attentat qui fera exploser un cargo français chargé d’armes à destination de Cuba dans le port de La Havane.
Cherchez le coupable…
Korda la prendra pendant la cérémonie d’enterrement des disparus du « Coubre » le 5 mars.
Longtemps elle ne lui aura rien rapporté
Au cours de la cérémonie Fidel Castro prononce le fameux « Patria o muerte. Venceremos! » (La Patrie ou la mort. Nous vaincrons !).Il est mort à Paris pendant une expo consacrée à ses photographies
Les festivités de ce week-end de Pâques sont achevées. Il est très tard ce soir dans Camaguey quand nous nous arrêtons devant une grande salle vide d’un bâtiment public abandonné par son gardien.
J’ai tout de suite envie de faire la photo malgré la lumière déficiente.
J’ai l’impression d’être dans un décor qui pourrait servir à David Lynch.
Rien ne semble neutre.
Le dallage hypnotique semble happer le spectateur contre son gré pour le guider vers ce miroir si étrangement travaillé dans un décor si simple. La voie est ouverte, les chaises livrent le passage.
Il y a pour moi une évidence à bousculer les perspectives et à rendre cela encore plus troublant.